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Le CD est-il mort ?

 

Il y a quelques années de cela, quelques survoltés soient disant avant-gardistes clamaient haut et fort que le disque vinyle était mort. Finis les craquements, fini le souffle, fini le disque rayé. Vive le son pur et le support indestructible.

Gros problème pour ces ersatz de visionnaires : le disque vinyle survit. Même s’il n’est plus le support principal, bon nombre de nouveautés sortent également en disques vinyles, notamment outre-Manche et outre-Atlantique. Promenez-vous dans certaines grandes surfaces du disques à Londres, par exemple, pour vous en convaincre.

Je ne vous parle même par de l’engouement des jeunes pour les disques vinyles. Baladez-vous sur Ebay et regardez comment partent les 33 tours ou 45 tours de Muse, groupe intéressant essentiellement les moins de 25 ans.

Promenez vous sur les brocantes ou dans les foires aux disques et regardez l’âge des gens la tête plongée dans les bacs. Là où il y a quelques années, on se retrouvait entre « vieux » nostalgiques, aujourd’hui, nous sommes bousculés par des jeunes sans pitié pour nos rhumatismes naissants. 

Et le CD dans tout ça ? Et bien le CD bat de l’aile et très sérieusement. Ce n’est pas moi qui le dit mais c’est le constat fait lors du dernier MIDEM. Les ventes sont en chute libre, mouvement qui se confirme d’année en année. Rien qu’entre 2005 et 2006, les ventes ont baissé de 16%, et même de 30% pour les CD deux titres, ce qui représente un manque à gagner d’environ 172 M€. Les professionnels de l’industrie, enferrés dans leur politique de l’autruche, expliquent ce phénomène par le téléchargement, légal ou illégal. Donc, la musique se dématérialise. La faute à qui ? A en croire les professionnels précités, aux MP3.

Très certainement mais l’important est de savoir pourquoi. A mon humble avis, les causes sont multiples.

D’une part, le CD, support prétendument éternel et parfait ne l’est pas. Nous avons tous un jour ou l’autre rencontré un problème de lecture avec un CD, je ne parle même pas de CD gravés ; je parle de CD du commerce. Idem pour les CD prétendument protégés contre le piratage et qui, dans certains cas, sont même protégé contre .....la lecture. Remboursez, bande d'escrocs !!!! Quant au son d’une pureté cristalline,   à moins d’avoir une ouïe, ultra fine, avoir du matériel Hi-Fi haut de gamme et habiter dans un auditorium, je ne vois pas comment le commun des mortels pourrait apprécier le son CD à sa juste valeur, son qui, à mon propre goût manque cruellement de « volume » et de profondeur par rapport au son analogique.

 

D’autre part, encenser le CD, c’est oublié le côté affectif de l’objet. Combien de gens ont préalablement regardé sous toutes les coutures un disque vinyle, sa pochette, sa sous-pochette avant même d’avoir écouté le disque. C’est un peu comme les gens qui aiment la lecture et les beaux livres et qui, avant d’entamer leur lecture ,sentent et tournent dans tous les sens le précieux bouquins. Que l’amateur de livres qui n’a jamais fait ça me jette le premier tome. C’est pareil pour le disque vinyle. On regarde, on re-regarde la pochette, les photos, les paroles, les crédits. Avec le CD, c’est l’inverse. Le CD c’est quoi ? C’est tout d’abord un vulgaire boîtier en plastique. Pour le fun, on repassera. En plus, le plastique, ça se raye et ça se casse. Le CD, c’est aussi un livret dont le gros tort est de ne pas être livré avec une forte loupe. En plus, qui n’a pas ragé en essayant de ranger ce bordel de livret dans ce foutu boîtier ????!!!!!!   Bref, l’objet est anonyme, sans âme et pas forcement pratique. Bref, un boîtier de CD, c’est laid.  Ça se range dans un Caddy de supermarché entre le pack de 32 yaourts et le paquet de lessive. Et  lorsque des efforts de présentations sont faits, l’objet devient, pour le coup, plus pratique du tout.   Je prendrais juste un exemple : Alice & June d’Indochine. Personnellement, je trouve l’objet assez joli mais pas pratique du tout à l'usage.

 

Enfin, dernier point et non des moindres ;  la musique s’est dématérialisée paraît-il ? Mais, elle l’était déjà avec le CD. Démonstration pertinente : Une fois le CD mis dans le lecteur, il vous reste quoi ? Juste un appareil qui fait de la musique. Une fois un titre téléchargé sur votre lecteur MP 3, il vous reste quoi ? Juste un appareil qui fait de la musique. Sauf que dans le second cas, vous mettez votre appareil dans la poche et vous vous baladez partout avec la certitude d’avoir plusieurs heures de musiques. Alors pourquoi s’emmerder avec un appareil plus gros et s’emmerder avec des CD ?  Le disque vinyle, quant à lui,  restait visible ; oublions d’urgence l’odieux mange-disque. On le voyait tourner, on voyait le label central tourner. Alors je sais ce que certains vont me rétorquer. « Vinylman, la douleur t’égare !!! Le disque vinyle n’a pas vocation au nomadisme. Or, aujourd’hui, le bon peuple veut écouter de la musique jusqu'à dans ses toilettes  ».  En tant que vieux ronchon, je répondrais simplement que quand je suis aux toilettes, je ….. enfin bref, vous m’avez compris, que  quand je suis au bord de la mer, j’écoute le bruit des vagues et que je suis incapable d’écouter de la musique et en même temps lire mon journal, discuter avec mon voisin de banquette que je croise sur cette ligne de métro  depuis 10 ans et téléphoner . Bref je me lancerais dans une vaste théorie sur la différence entre  un mélomane et un vulgaire consommateur de musique.    

 

 Donc, Vinylman vous le confirme. Le CD est mort et le disque vinyle va reprendre sa place pour le plus grand plaisir des mélomanes. 

 

Ainsi parla Vinylman.   

 

 

 

 

 

 

 

Dernière mise à jour effectuée le 22 mars 2007